09 Fév

Comment bien choisir son orientation quand on est un ado ?

“Que veux-tu faire plus tard ?” est la question d’orientation qui hante bon nombre d’élèves dès la Troisième. Si la réponse leur paraissait évidente en primaire: “maîtresse, infirmière, pompier, pilote d’avion…”, à 15 ans elle se résume souvent à un “ben, j’sais pas… ?” Et on le comprend: comment se représenter précisément son avenir quand sa seule expérience professionnelle se résume à un stage d’observation d’une semaine et que la courbe du chômage ne cesse d’augmenter ? 

Orientation ado mur

Et pourtant, il va devoir faire un choix dès la fin du collège: filière générale ou filière professionnelle (BEP, CAP, bac pro). A nouveau en fin de seconde: voie générale (S, ES ou L) ou voie technologique (STI, STT, STPA…) et enfin après la terminale.

Dans ces conditions, comment accompagner son enfant quand il n’a aucune idée du métier qu’il pourrait exercer ? Comment l’aider à surmonter ses angoisses de s’engager dans une voie sans garantie de réels débouchés ?

Le dialogue avant tout

La première chose à faire est de dialoguer avec son ado pour l’aider à réfléchir, pour l’inciter à se poser les bonnes questions, le plus tôt possible pour qu’il se donne le temps de mûrir son projet. Ça ne va pas être facile pour lui de se projeter dans un métier ou dans un secteur d’activités alors plus tôt vous l’accompagnerez, moins il se sentira démuni.

Comment se poser les bonnes questions ?

  • Pour commencer, proposez-lui de dresser la liste de ce qu’il aime faire et de ce qu’il déteste.
  • Regardez ensemble quelles sont les matières qu’il préfère et pourquoi.
  • A-t-il les capacités et l’envie de se lancer dans des études longues ou va-t-il choisir des formations courtes et pratiques ?
  • Quelles sont les réalités du marché du travail aujourd’hui et quels seront les secteurs porteurs demain ?

Il est important de ne pas se limiter à son bulletin scolaire; on peut être un élève moyen une année et bien meilleur l’année suivante. Listez avec lui ses dons, ses centres d’intérêt, ce qu’il fait avec plaisir, spontanément, ce qui le motive au quotidien. Va-t-il facilement vers les autres, est-il populaire, parle-t-il avec aisance ou est-il au contraire discret voire timide, est-il créatif, manuel…? Ces réflexions peuvent déjà vous donner des pistes vers lesquelles orienter ses recherches.

Il est important de savoir l’écouter en toute objectivité

En tant que parent on pense savoir ce qui est bon pour son enfant. On veut le meilleur, quitte à lui fixer des objectifs ambitieux et projeter inconsciemment sur lui ce que l’on a pas réussi soi-même. Ce que l’on imagine pour son enfant n’est pas toujours ce qu’il veut lui-même ! Ne perdez pas de vue que c’est de sa vie professionnelle future dont il est question et non de la vôtre.

Construire ensemble un projet professionnel plutôt qu’un métier très précis

Peu d’ados sont capables à 16 ans de dire quel est à leur yeux “le métier idéal”. Ils peuvent être séduits par une profession sans véritablement en connaître les contours ni le parcours pour y arriver, faute d’information suffisante.

Pour les aider à bâtir leur projet, le mieux est d’échanger avec des professionnels du secteur ou des étudiants engagés dans les filières qui les intéressent.

Comment ? En les rencontrant lors des différents salons dédiés à l’orientation organisés à différentes périodes de l’année (salon de l’Etudiant, Studyrama…).

Il peut aussi se rapprocher du conseiller d’orientation de son collège ou lycée.

Le rassurer car aucun choix n’est jamais définitif

En cas “d’erreur d’aiguillage” les réorientations sont toujours possibles même si elles sont parfois compliquées. Il existe des passerelles qui lui permettront, s’il est vraiment motivé, de changer de filière ou de formation.

Le plus important pour lui est de trouver sa place!

10 Mar

Choisir son orientation pour le Baccaulauréat

C’est le moment pour les élèves de seconde générale de choisir leurs filières pour l’année prochaine. Après les vœux du 2e trimestre et l’avis du conseil de classe, le choix définitif du 3e trimestre sera alors déterminant !

Pour prendre sa décision, il y a 3 paramètres à prendre en compte : ses attraits, ses résultats scolaires, son projet professionnel.

Point 1 : Quels sont mes goûts ?

Pour déterminer ses attraits, il peut être plus parlant de penser à des activités extra-scolaires dans lesquelles le jeune s’épanouit et qu’il (ou elle) s’interroge sur ce qui le (ou la) stimule.
Prenons l’exemple de Sophie qui pratique la danse sous toutes ses formes. Ce qu’elle aime, dans ce sport, c’est de toujours « être en mouvement », de développer sa « créativité » et d’être dans la « sociabilité » avec ses amis. Exigeante et perfectionniste, c’est avant tout une passionnée qui ne recule pas devant l’effort.
Son fort besoin en créativité et son côté rêveur la placerait volontiers dans une filière littéraire mais il y a d’autres éléments à prendre en compte.

Point 2 : Quels sont mes résultats ?

Côté résultats scolaires, Sophie a davantage de facilités dans les matières scientifiques. Résoudre des équations, comprendre le corps humain, faire des expériences en chimie la motive et attise sa curiosité. Les matières plus littéraires, comme l’histoire, le français ou les langues vivantes lui plaisent moins. Elle préfère se plonger dans une lecture qu’elle a choisie plutôt que de lire des ouvrages imposés en classe; elle se passionne davantage pour les musées d’histoire que les ouvrages scolaires et elle entretient depuis 1 an des échanges linguistiques téléphoniques avec un Gallois pour progresser à l’oral.

Point 3 : Quels sont mes projets ?

Sophie a toujours aimé travailler de ses mains et c’est avec plaisir qu’elle profite de l’été pour construire des objets insolites, avec ses cousins. Elle a gagné le prix du designer-concepteur Junior de la région de Poitou-Charentes, l’an passé, avec sa proposition de table basse à « plateaux convertibles », avec grande fierté ! Elle a manié avec brio les différents outils qui étaient mis à sa disposition et s’est débrouillée sous l’œil expert de son oncle, menuisier. Elle a aimé mener un projet de A à Z et modéliser ce qu’elle avait en tête. Son métier idéal était danseuse mais elle n’avait pas le niveau pour rentrer au conservatoire. Terre à terre, elle s’est dit qu’architecte d’intérieur lui plairait grandement mais elle n’est pas encore tout à fait sûre de son choix !

L’avis de ses professeurs :

Ses professeurs la voient en filière scientifique, au vu de ses excellents résultats en sciences.

L’avis de ses parents :

Sa mère souhaiterait voir évoluer sa fille dans un milieu où elle pourra exprimer sa créativité tout en ayant une certaine indépendance financière : directrice de théâtre, organisatrice d’évènements, scénographe.
Son père, quant à lui, aimerait qu’elle se trouve un métier stable, sur lequel la crise a peu d’emprise. Il la préfèrerait comptable, avocate ou encore médecin.

Le Bilan :

Dans tout ça, Sophie exprime un grand besoin d’indépendance du haut de ses 15 ans. S’éloigner de sa famille ne l’effraie pas. Elle souhaite acquérir plus de liberté et d’autonomie. Si ses résultats suivent au troisième trimestre, ses parents lui ont assurés qu’elle pourrait demander à suivre une Terminale S à Limoges, en internat, en se rendant à des cours d’architecture le mercredi après-midi.

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Le cas de Sophie paraît « facile » mais qu’en est-il pour les élèves qui ont des difficultés pour accéder à la filière de leur choix ?

  • Le redoublement n’est pas souvent encouragé, surtout si l’élève a la possibilité d’intégrer une autre filière que celle souhaitée au départ. Cela peut être le cas pour un élève qui est sûr de vouloir faire médecine et qui n’a pas les résultats escomptés.
  • Pour quelqu’un qui aurait un rêve spécifique mais qui n’a pas conscience de la réalité du métier, il est important qu’il fasse un maximum de recherches à ce sujet. Il peut, par exemple, rentrer en contact avec des personnes via des réseaux
    professionnels
    (linkedin, viadeo) ou encore via ses connaissances (amis, famille).
  • Certaines filières nécessitent un éloignement géographique. Pour rassurer l’élève, il est déterminant d’aller voir sur place le cadre de l’établissement et de discuter avec les élèves et le personnel encadrant.
  • Pour les élèves qui ne savent pas vers quelle filière s’orienter, des COP (Conseillers d’orientation pédagogiques) effectuent des permanence dans les lycées et des guides d’orientation sont mis à leur disposition dans leurs bibliothèques.
  • Enfin, il est possible de passer des tests de personnalité élaborés notamment par  les CIO et les CIDJ pour mettre en corrélation son profil psychologique et ses attraits.

Ressources utiles :

– Liste des Cidj (Centre d’information et de documentation jeunesse) de votre région;
– Liste des Cio de votre région;
– L’Onisep propose un service d’aide à l’orientation par internet ou par téléphone.

En bref :

De manière concise, la décision d’orientation prend en compte le niveau général de l’élève, sa motivation pour une série particulière et ses chances de réussite dans les matières dominantes.
Si le conseil de classe s’exprime à la défaveur du choix de l’élève, les parents ont 3 jours pour faire appel de cette décision et une discussion pourra avoir lieu.

La sélection après bac :

Il est toujours bon de garder en tête qu’en terme de sélection pour les prépas, BTS ou IUT, ce sont les élèves ayant des résultats corrects, voir très bons qui seront retenus. Plutôt que de s’entêter à vouloir entrer dans une filière où on aura des difficultés, ne vaut-il pas mieux « sortir du cadre » et imaginer des alternatives ? 🙂

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